On pourra peut-être disposer bientôt d’épiderme humain en quantité illimitée pour soigner les grands brûlés. C’est en tout cas une perspective que laisse entrevoir une équipe de chercheurs français de l’ Inserm et du Généthon qui vient de faire une avancée importante dans le domaine des cellules souches embryonnaires humaines. Christine Baldeschi et Marc Peschanski sont en effet parvenus à forcer des lignées de cellules souches embryonnaires, maintenues en culture, à produire des quantités illimitées de kératinocytes. Ce sont les cellules de l’épiderme, la couche externe de la peau protectrice de notre durée et gardienne de nos fluides organiques.

Cette découverte publiée dans The Lancet pourrait améliorer sensiblement l’arsenal thérapeutique pour les brûlés graves, ceux dont l’étendue et la profondeur des lésions met en jeu le pronostic vital. Depuis plus de vingt ans, en effet, les brûlés graves ont bénéficié de thérapies cellulaires taillées sur mesure.

Au début des années 1980, les travaux de l’Américain Howard Green, biologiste au Massachusetts Institute of Technology de Boston, avaient permis de mettre en culture l’épiderme des brûlés. Avec un prélèvement d’épiderme de la taille d’un timbre-poste, on peut en laboratoire, pour 135 000 euros et en 23 jours, obtenir près de deux mètres carrés du propre épiderme du brûlé. Aujourd’hui, une seule firme Genzyme , basée à Boston, continue à fournir ce service aux centres de brûlés.

Mais la mise en culture des propres cellules de peau d’un brûlé pour obtenir suffisamment de surface d’épiderme ne permet une «récolte» qu’au bout de 23 jours. Entre-temps, il faut obligatoirement un «pansement» temporaire en attendant les autogreffes définitives.

L’enjeu est considérable : en effet, les brûlés au-delà de 70 % de surface (90 % voire 95 % ne sont plus rares) doivent impérativement recevoir une couverture cutanée comme barrière physiologique antibactérienne. Sinon, c’est la déshydratation, les septic… lire la suite de l’article sur lefigaro.fr