talent

Laureline Jacq a un lourd handicap. Les mouvements incontrôlables de ses membres les obligent à être maintenus. Sur son fauteuil, la jeune fille de quinze ans pourrait amener une pensée de pitié, mais à y regarder de plus près… Des yeux malicieux, un sourire toujours présent, un esprit vif et des plaisanteries à tire-larigot! Un sacré personnage! Laureline est une battante. En grandissant, elle a cherché à gagner son indépendance et se lance chaque jour des défis. Aller chercher le pain toute seule, prendre la navette pour se rendre dans une grande surface, autant de situations qui lui demandent courage et volonté, et lui offrent à chaque fois une victoire. «Quand j’ai réussi, je suis fière de moi. Et je me dis que, la prochaine fois, j’irai encore plus loin», explique-t-elle.

«Profiter de ce don»

Depuis quatre ans, Laureline s’est lancée dans la peinture. Ne contrôlant pas ses mains, la demoiselle fait ses toiles… avec la bouche. «Quand elle était petite, elle utilisait beaucoup sa bouche, pour jouer à la poupée par exemple. Il fallait profiter de ce don», explique son papa. Elle rencontre Pierre Bellot, artiste de la bouche, autodidacte qui construit sa vie autour de la peinture et du sport avec la farouche volonté de dépasser les limites imposées par son handicap. «Quand je l’ai vu, je me suis dit, je veux faire comme lui et je ferai comme lui!». Alors qu’elle ne devait pas dépasser le primaire, Laureline est aujourd’hui en 4e. Son professeur à Kerpape, Martial Le Masson, enseigne aussi le dessin, l’art plastique et la peinture, et a accepté de donner à son élève des cours particuliers. Une fois apprivoisé le pinceau avec la bouche, la jeune artiste apprend le b.a.-ba de la peinture.

«Mon petit chez moi»

Depuis le début, Laureline adhère à l’APBP (Artistes peignant de la bouche et du pied) et y dépose un dossier pour avoir une bourse. L’idée, créer un atelier attenant à sa chambre, avec le matériel adéquat (tables réglables en hauteur…). «Je voulais avoir mon chez moi». Son premier dossier est accepté. L’APBP organise des stages qui lui permettent de rencontrer d’autres handicapés. «Avant, j’étais la plus jeune et aujourd’hui, c’est moi qui montre l’exemple aux autres. Ça leur donne envie d’essayer, ils se disent que si j’arrive à le faire, ils peuvent y arriver aussi», explique Laureline. Ses tableaux sont exposés, elle reçoit même un prix international des jeunes artistes. En ce moment, la Quévenoise prépare un cadeau pour une association de Saint-Malo (35), des pongistes qui organisent de nombreuses actions pour Laureline. «Grâce à leur gentillesse, on a pu acheter le fauteuil de Laureline qui coûte 16.000 €», précise son papa. La section marche de Macadam Pont-Scorff avait aussi apporté son soutien en collectant 800 €.

Article paru sur :

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/handicap-laureline-le-talent-au-coin-de-la-bouche-29-12-2009-718645.php