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16
mai

Cette affaire soulève de nombreuses questions, avec toute ma compation pour la famille qui porte le deuil, sur l’integration des personnnes qui sont atteintes de déficience intellectuelle au sein de notre societe telle qu’elle est composées. On comprend ici à la lecture de cette article et surtout sous la forme de sa presentation, qui inconciemment nous evoque l’attente d’un jugement lourd par son titre « Mort de 47 coups de couteau: son voisin pensait qu’il dormait ».
Moi meme parent de trois enfants dont une jeune fille handicapée mentale ne suis pas etonné sur les reponses de l’accusé, c’est trés malheureusement comme cela qu’ils temoignent leur perception des evenements. Nous passons notre vie a chercher des solutions pour les proteger, les incerer socialement, mais n’oublions t’on pas dans ce cadre de reflechir aux consequences de certains de leurs actes, comment les premunir de cela sans les isoler j’entends, comment aider la justice dans de pareils cas, comment deculpabiliser exprimer nos condoléances aux proches qui doivent porter le deuil ? Et tant d’autre questions notre appareil judiciaire est il adapté ?
Mort de 47 coups de couteau : son voisin pensait qu’il dormait
Le 22 mars 2005, un Arrageois de 44 ans était mortellement blessé de quarante-sept coups de couteau, dans son appartement de la rue Salengro. En mars dernier, l’auteur a été condamné à dix ans de prison, mais hier l’affaire a de nouveau été évoquée au tribunal correctionnel. Et on a appris que si le voisin avait donné à temps l’alerte, la victime serait peut-être toujours vivante à ce jour.
D’un côté il y a le drame d’une famille et la colère qu’elle a dû ressentir envers le voisin, mais de l’autre côté il y a ce fameux voisin, jugé par les experts comme débile moyen, souffrant d’un handicap mental qui aurait pu abolir son discernement sans l’abolir complètement. Mais lors de l’instruction d’audience, on va se rendre compte de la difficulté de juger cette affaire.
Sur le rôle du tribunal, le prévenu, âgé de 49 ans, est poursuivi pour vol, non dénonciation de crime, modification de l’état des lieux d’une scène de crime. en l’occurrence dans l’appartement de la rue Salengro.
Depuis des années, la victime et son voisin se côtoient, parfois ils consomment de l’alcool ensemble. Cette fameuse soirée de mars 2005, ils sont trois dans l’appartement, quand le ton monte, le voisin retourne chez lui. Il redescend le lendemain, voit la porte ouverte, entre et pense que son ami est en train de dormir. « Mais tout le sang par terre ? », l’interroge le président. « Je pensais que c’était du vin ». Une version incompréhensible pour nous, recevable pour les médecins, vu son profil psychologique.
La victime aurait pu être sauvée
Alors, puisque son ami dort, il retourne chez lui et revient trois jours après. Jugeant anormal que son ami dorme toujours, il se décide à appeler les pompiers, qui feront la macabre découverte. Entre temps, le voisin avait dérobé (ou ramassé) la montre de la victime encore maculée de sang (« c’était pour la nettoyer ») et il avait ouvert la fenêtre (« parce que ça sentait mauvais »). Encore aujourd’hui, l’homme a dû mal à comprendre qu’il a fait quelque chose de mal. Et pourtant, les experts médico-légaux ont affirmé pendant les débats aux assises que la victime était restée vivante vingt-quatre heures après les coups portés. Si le voisin avait donné l’alerte lors de sa première venue, peut-être que la victime aurait pu s’en sortir.
Comment dès lors juger cette affaire ? Pour Me Scailleretz, qui représente la partie civile, « Il ne pouvait ignorer que son copain d’estaminet était encore vivant. C’est un argumentaire fantaisiste, sa non dénonciation a été capitale. Il a aussi ouvert la fenêtre, rendant le travail des experts très difficile pour établir l’heure exacte de la mort. Aux assises, l’accusé aurait pu être acquitté ! Son discernement est peut-être altéré mais sa responsabilité existe. » Les propos du procureur seront plus mesurés : il veut bien réclamer une peine symbolique de huit jours de prison avec sursis pour le vol de la montre, mais pour le reste, il réclame la relaxe. « L’infraction n’est pas constituée parce qu’elle nécessite un niveau intellectuel et un raisonnement inaccessibles au prévenu. » Le travail de son avocate, Me Gorny, n’en était que facilité : « Il n’a pas réalisé ce qu’il s’était passé le lendemain de l’agression, ni plusieurs jours après. Je ne pense même pas qu’il ait conscience de ce qu’est commettre un vol. » Le prévenu a été relaxé de l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés. •
EMMANUEL CRÉPELLE

