Seine-Saint-Denis / Femmes battues: un portable d’urgence pour alerter.
Vingt femmes considérées comme « en très grand danger », dont les dossiers ont déjà été signalés aux services de police, doivent être équipées de ces téléphones portables ressemblant à un appareil ordinaire, mais disposant d’une touche d’alerte spéciale.
La personne en danger aura « simplement à indiquer où elle se trouve et quel est l’objet de sa menace », a expliqué Patrick Poirret, procureur de la République adjoint du Tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis). L’appel sera ensuite répercuté sur « la salle de commandement de la police du 93 qui déclenchera l’intervention de la patrouille la plus proche de son domicile », a-t-il ajouté.
Le système est « assez simple mais il a été travaillé en profondeur. Ce n’est pas juste un téléphone mais un téléphone dans un dispositif », note Ernestine Ronai, de l’Observatoire des violences envers les femmes au Conseil général de Seine-Saint-Denis, à l’initiative du projet.
« C’est le parquet qui remet l’appareil. Du coup, il y a toute une fiche qui est établie, la police est au courant de la situation de la dame ». Les enquêteurs connaissent « l’auteur présumé (des violences), donc il y a un certain nombre d’éléments » permettant d’accélérer l’intervention de la police, a-t-elle par ailleurs précisé sur France Info. « Nous avons fait une étude sur 24 cas de femmes assassinées dans notre département. Dans un certain nombre de cas, si on avait été plus rapides, on aurait pu les sauver », a ajouté Mme Ronai.
« Cent-cinquante femmes meurent chaque année et des milliers de personnes sont victimes », avait rappelé Michèle Alliot-Marie en annonçant fin octobre le lancement de cette expérimentation. AP
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