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Patrick Hanquet devant les plans du nouveau site.
Dans quelques mois, un Centre d’aide par le travail (CAT) pour personnes handicapées mentales va ouvrir ses portes sur l’ancienne friche d’Intermarché. Situé sur la commune de Fontaine-les-Vervins, cet établissement moderne accueillera une soixantaine de travailleurs. Le permis de construire est déposé et les marchés d’entreprises vont être lancés en octobre. L’ouverture est prévue pour la fin de l’année.
Alors que l’intégration des personnes handicapées physiques dans les entreprises fait l’objet d’une mobilisation nationale, le handicap mental rencontre certains problèmes. Des difficultés qui doivent être compensées par un accompagnement humain permanent adapté à l’état de chaque personne.
Depuis des années, de nombreux établissements médico-sociaux mènent de véritables combats afin que toutes ces personnes trouvent dans leurs activités professionnelles un peu de dignité. Le milieu du travail protégé regroupe 105 000 travailleurs handicapés, dont 16 000 se retrouvent en ateliers et 89 000 en CAT. En pays de Thiérache, ils ne sont pas oubliés, preuve est faite avec l’ouverture dans quelques mois de ce nouveau centre d’aide par le travail.
Un site homogène
Selon Patrick Hanquet, directeur de l’EPARS, « la friche d’Intermarché est pour nous très intéressante. Sa superficie de 1 900 m2 va permettre un ensemble homogène. Nous gardons l’ossature et la toiture de l’ancien magasin qui sont en très bon état. Le coût des travaux s’élève à 1 680 000 euros. Le terrain à 300 000 euros. Nous n’avons pas de subventions, seulement des voies d’emprunt. »
Pour M. Hanquet, qui est en fin de parcours professionnel et qui a mis toute sa vie au service des autres, cette aventure humaine est une belle réussite.
« Nous avons d’ailleurs un autre projet à Fère-en-Tardenois. Un établissement de 60 lits avec des places pour des patients atteints de maladies rares, mais également la mise en place d’accueils temporaires et d’urgence, indispensables pour les familles qui ont besoin de souffler un peu. »
Sur l’ancienne friche d’Intermarché, le nouvel établissement aura fière allure avec sa façade paysagère. Les sept ateliers prévus vont permettre à plusieurs équipes de travailler dans le conditionnement, les espaces verts, la réfection de tout type de sièges, des travaux de menuiserie et de sous-traitance.
Une salle et des espaces de détente, une caféteria ainsi qu’un magasin de vente permettront aux employés d’être plongés dans la vraie vie.
En plus des salles de soins, les professionnels auront à leur disposition des bureaux, salles de réunions et cabinets médicaux.
Plusieurs structures

En Thiérache, L’EPARS (Etablissement public autonome de réinsertion par le médico-social) forme un ensemble institutionnel implanté géographiquement sur plusieurs lieux. Les structures de Liesse, Nampcelles et Sissonne couvrent un large éventail d’inadaptions infanto-juvéniles.
A 10 km de Vervins, Nampcelles gère un IME pouvant accueillir 41 jeunes en semi-internat, plus un établissement d’aide par le travail avec 53 places. Les ateliers ont pour but principal la production florale, l’entretien des espaces verts et la sous-traitance.
« A Nampcelles, les bâtiments sont tellement vétustes que nous allons devoir les quitter à la fin de l’année. Les adultes se retrouveront à Fontaine-les-Vervins. Ce n’est un secret pour personne, la municipalité est au courant », précise Patrick Hanquet.
Sur la commune de Sissonne, l’Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique « La Garenne » héberge en internat de semaine des enfants et adolescents des deux sexes, de 6 à 18 ans, présentant des troubles du caractère et du comportement.
A quelques kilomètres de Laon, plusieurs établissements IME accueillent des individus présentant des déficits intellectuels lègers, moyens et profonds, des trisomies, des maladies orphelines à l’exclusion d’enfants autistes, des situations de psychiatrie lourde, des troubles du comportement, de la conduite et de la délinquance avérée.
Du personnel sérieux et attentif
Le foyer d’accueil de Vervins médicalisé propose quarante places en hébergement complet et quatre places d’accueil de jour pour des adultes polyhandicapés. Patrick Hanquet, le directeur de l’EPARS, ajoute que « travailler aux côtés de personnes handicapées, c’est retrouver le goût de l’essentiel. Ce sont toutes des personnes sérieuses, appliquées dans leur travail et qui ont les yeux ouverts sur le monde de la simplicité. Un mot que beaucoup d’entre nous a perdu. »
Un centre d’aide par le travail est une passionnante illustration du souci de protéger les adultes handicapés tout en ne les coupant pas du reste du monde, de trouver le juste équilibre entre le respect des difficultés qu’induit le handicap et la préservation d’une place d’être humain et de citoyen à part entière.
QUI PEUT TRAVAILLER
Il est nécessaire d’être travailleur handicapé reconnu et orienté par la COTOREP. Être âgé d’au moins 20 ans, d’avoir une capacité de travail supérieure à 5 % et inférieure à 35 % de la capacité normale de travail, ou présenter des difficultés d’adaptation en milieu ordinaire de travail ou en atelier protégé requérant des soutiens médico-sociaux ou psychologiques, d’effectuer une période d’essai de 6 mois renouvelable une fois. Les centres d’aides par le travail sont des établissements ne relevant pas du code du travail, mais du code de la famille et de l’aide sociale : leur création est soumise à l’agrément de la commission régionale des institutions médicales et médico-sociales. Ils sont sous la tutelle de la DDASS qui contrôle leur gestion financière, administrative et médico-sociale.
HISTORIQUE
L’institut médico-pédagogique a été créé en avril 1959 sur les lieux de l’ancien préventorium départemental à l’initiative du conseil général de l’Aisne.
En 1961, l’IMP se dotait d’une section de préapprentissage garçons avec l’acquisition de l’ancien aérium de Sissonne, rebaptisé institut médico-pédagogique « La Garenne ».
L’année 1968 aura été marquée par l’ouverture du CAT de Liesse.
En 1973, l’institut médico-éducatif de Liesse prenait la gestion du centre polyvalent l’Envolée, situé à Nampcelles-la-Cour.
En 1975, l’établissement s’agrandissait avec la création d’un foyer féminin pour accueillir une douzaine de femmes travaillant en CAT qui n’avaient pas de perspective d’autonomisation.
En 1984, constatant le vieillissement de la population accueillie à l’IME de Nampcelles-la-Cour, une section d’adultes était ouverte sous la forme juridique d’un CAT.
En août 2000, le foyer d’accueil médicalisé de Vervins intégrait le dispositif institutionnel.
Auteur : Monik BOURLARD
Article paru le : 3 février 2009 source
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