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Le 1er juillet 2010 marque la naissance d’une nouvelle agence sanitaire : l’Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Une création préparée de longue date.

L’Anses résulte en effet de la fusion de deux agences sanitaires : l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) – créée en 1999 – et l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), créée en 2004. Pourquoi cette fusion ? La réponse tient en un mot : complémentarité.

Les interactions constantes entre environnement, alimentation, santé humaine et animale font que l’Afssa et l’Afsset travaillaient déjà fréquemment sur des thèmes très complémentaires. De nombreux sujets transversaux rapprochaient déjà les deux agences dans des études conjointes et trouveront toute leur place dans la nouvelle Anses. C’est le cas, par exemple, de tout ce qui concerne l’action des perturbateurs endocriniens, autrement dit les molécules ou agents chimiques composés qui peuvent avoir une influence directe ou indirecte sur le métabolisme humain. C’est aussi le cas de la question de l’influence des pesticides sur la santé des travailleurs, notamment dans le secteur agricole, ou encore de certains risques émergents, comme la question des nanomatériaux ou celle des risques liés aux expositions et multi-expositions à long terme et à basses doses à des contaminants chimiques et biologiques.

L’ordonnance du 7 janvier 2010 portant création de l’Anses précise les – nombreuses – missions de cette dernière. L’Agence est notamment chargée de mettre en oeuvre une expertise scientifique indépendante et pluraliste, afin de contribuer à assurer la sécurité sanitaire humaine dans les domaines de l’environnement, du travail et de l’alimentation.

Mais l’Anses a également d’autres missions : la protection de la santé et du bien-être des animaux, la protection de la santé des végétaux, l’évaluation des propriétés nutritionnelles et fonctionnelles des aliments ou encore l’autorisation et la surveillance des médicaments vétérinaires. De façon pratique, elle réalise l’évaluation des risques, fournit aux autorités compétentes toutes les informations sur ces risques ainsi que l’expertise et l’appui scientifique et technique nécessaires à l’élaboration des dispositions législatives et réglementaires et à la mise en oeuvre des mesures de gestion des risques. Elle assure aussi des missions de veille, de vigilance et de référence. Elle définit, met en oeuvre et finance des programmes de recherche scientifique et technique. Elle propose aux autorités compétentes toute mesure de nature à préserver la santé publique et, lorsque celle-ci est menacée par un danger grave, recommande à ces autorités les mesures de police sanitaire nécessaires. Enfin, elle participe aux travaux des instances européennes et internationales, et y représente la France.

Pour mener à bien toutes ses missions, l’Anses dispose de moyens conséquents, issus des équipes de l’Afssa et de l’Afsset : une quinzaine de laboratoires spécialisés, plus de 1.300 agent dont 800 chercheurs, des centaines d’experts extérieurs mobilisés au sein des comités et groupes de travail… L’Anses est dirigée par Marc Mortureux, jusqu’alors directeur général de l’Afssa et qui a été notamment directeur général adjoint de l’Institut Pasteur. 

Source: Hopital.fr

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Du 8 au 14 mars 2010, la Cinquième semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse se fixe pour objectif de recruter 18 000 nouveaux volontaires qui seront peut-être, un jour, invités à faire un don.

Tentée pour la première fois sur l’homme en 1957, la transplantation de moelle osseuse (tissu présent à l’intérieur de tous les grands os du corps humain, à ne pas confondre avec la moelle épinière) s’est réellement développée à partir des années 1970, une fois bien maîtrisés les problèmes d’histocompatibilité (compatibilité entre cellules). Elle permet de lutter efficacement contre certaines hémopathies (maladies du sang) : aplasie médullaire (qui touche surtout les enfants et se caractérise par un arrêt du fonctionnement de la moelle), leucémie (cancer du sang), lymphome (forme de cancer visant spécifiquement les globules blancs), maladie des “enfants bulles” (grave déficience du système immunitaire)… La moelle osseuse présente en effet la particularité de fabriquer les cellules du sang : globules rouges, globules blancs et plaquettes.

Comme dans toutes les greffes, la question centrale est celle de la comptabilité entre le donneur et le receveur. Dans le cas de la moelle osseuse, la transplantation n’est possible que si les caractéristiques génétiques du donneur sont compatibles avec celles du patient. Or, cette probabilité est de l’ordre d’un sur un million… Aussi est-il vital de disposer d’un nombre suffisant de donneurs potentiels pour espérer trouver celui qui sera compatible avec le receveur. Compte tenu de cette difficulté, le don de moelle osseuse est le seul qui soit géré à l’échelle mondiale sous la forme d’un fichier commun, qui compte aujourd’hui environ 13 millions de donneurs potentiels.

En France, le registre des donneurs, géré par l’Agence de la biomédecine, compte environ 155 000 volontaires. En 2008, il y a eu en France 186 dons effectifs (127 pour des patients nationaux et 59 pour des patients étrangers). A l’inverse, 438 donneurs internationaux ont été prélevés pour des patients français. Mais ce nombre de 155 000 volontaires n’est pas suffisant pour faire face à l’augmentation des indications de la transplantation de moelle osseuse, et il est nécessaire de renouveler les inscrits. Aussi l’objectif est-il de recruter plusieurs milliers de donneurs supplémentaires chaque année.

Afin de sensibiliser chacun à l’importance et aux enjeux du don, l’Agence de la biomédecine organise, du 8 au 14 mars 2010, la Cinquième semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse. Objectif : recruter au moins 18 000 donneurs supplémentaires. Tous les renseignements sont disponibles sur un site internet dédié. Les candidats intéressés doivent être en parfaite santé, avoir plus de 18 ans et moins de 51 ans lors de l’inscription (même si l’on peut ensuite donner jusqu’à 60 ans), accepter de répondre à un questionnaire de santé et faire une prise de sang (permettant de procéder notamment à un typage HLA). Une fois inscrits, ils acceptent de se rendre disponibles s’ils sont sollicités pour un prélèvement (avec un délai d’un à trois mois qui laisse tout le temps de s’organiser). Cette inscription peut être résiliée à tout moment.

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site internet de l’Agence de la biomédecine consacré au don de moelle osseusse : www.dondemoelleosseuse.fr / Source : hôpital.fr – Fédération Hospitalière de France – 1bis rue Cabanis 75014 Paris – Tél : (33) 01 44 06 84 44 – Fax : (33) 01 44 06 84 45

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Une image obtenue à l'aide d'un scanner PET de l'université de Californie et Los Angeles (UCLA) qui montre, à gauche, le cerveau d'un patient volontaire souffrant de troubles cognitifs légers, et à droite, le cerveau d'un patient volontaire souffrant de la maladie d'Alzheimer.

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Une image obtenue à l’aide d’un scanner PET de l’université de Californie et Los Angeles (UCLA) qui montre, à gauche, le cerveau d’un patient volontaire souffrant de troubles cognitifs légers, et à droite, le cerveau d’un patient volontaire souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Le professeur Etienne-Emile Baulieu a annoncé, mardi 26 janvier, que ses équipes avaient fait une “découverte majeure” dans la recherche d’un traitement et de la prévention de la maladie d’Alzheimer et de plusieurs maladies neurodégénératives du même type. Les travaux du professeur Baulieu et de ses collègues de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont été publiés dans la revue américaine Proceedings of the national academy of sciences (PNAS). Spécialiste des hormones stéroïdes, le professeur Baulieu a mis au point, dans le passé, la pilule anti-progestative RU486 – ou mifépristone – qui permet des avortements médicamenteux.

Si établir un diagnostic précis de la maladie d’Alzheimer reste une tâche compliquée, des indices peuvent aider à l’établir. L’accumulation de plaques dites amyloïdes dans le cerveau et la présence de protéines “tau” sont des marqueurs du développement de la maladie. C’est à ces protéines tau, également associées à d’autres maladies neurodégénératives, que se sont interessés le professeur Baulieu et son équipe. “L’accumulation anormale du peptide tau est le signe de plusieurs maladies neurodégénératives de l’homme, nommées tauopathies”, écrivent-ils dans le compte rendu de leurs recherches.

“BUISSONS” DE PROTÉINES TAU

Le professeur Baulieu explique qu’en quantité, ces protéines, “entraînent une insuffisance de fonctionnement des synapses”, les connections entre les neurones. Au sein des neurones se forme une sorte de “buisson” de protéines tau qui perturbe l’activité des cellules nerveuses. “On ne sait pas si ce sont ces buissons qui sont en cause ou la forme que prennent ces protéines antérieurement qui provoquent la maladie”. Toujours est-il qu’empêcher l’accumulation de la protéine pourrait s’avérer utile pour “prévenir, soigner ou, au minimum, bloquer le développement ultérieur de la maladie”.

Les chercheurs se sont penchés sur le cas de la protéine FKBP52, naturellement présente dans l’organisme. Ils ont étudié son action sur des cellules nerveuses. “En les mélangeant, FKBP52 et la protéine tau ont interagi”, révèle le professeur Baulieu. “Les protéines FKBP52 diminuent la concentration et l’action de la protéine tau et inhibe la formation de buisson dans les neurones”, précise-t-il.

Ces recherches ont notamment été menées sur des cellules nerveuses issues de cerveaux de personnes décédées ayant fait don de leur corps à la science. Mais rien n’a encore été fait sur des animaux vivants ni, a fortiori, chez des humains. Faut-il alors espérer une application médicale de ces recherches ? Le passage des recherches in vitro à d’autres plus poussées, in vivo, n’est pas aisé. Nombreuses sont les recherches fondamentales qui ne se sont jamais traduites par une quelconque avancée. Mais cela n’inquiète pas le professeur Baulieu. “Je suis très confiant ! Nous avons étudié une mécanique fondamentale ; c’est une interaction qui est déjà vraisemblable dans toutes les espèces animales”, explique le scientifique, qui dit espérer de “progrès considérables” dans les trois années à venir.

SOURIS GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉES

La prochaine étape consistera à tester l’influence de la protéine FKBP52 chez des souris génétiquement modifiées afin de développer une neurodégénéréscence proche d’Alzheimer – il n’existe pas à proprement parler de modèle animal de la maladie. Les efforts ultérieurs porteront sur les moyens de rendre “FKBP52 plus forte face aux protéines tau” en l’associant à des molécules déjà connues qui pourraient décupler sa puissance.

Outre les potentielles applications curatives de ces recherches, le professeur Baulieu espère qu’elles pourraient aider au diagnostic précoce de la maladie. “Statistiquement, les personnes les plus actives et les plus intelligentes sont moins atteintes par ces maladies”, souligne le professeur Baulieu. “Néanmoins, des personnes actives et intelligentes sont également malades – Margaret Thatcher, par exemple”. L’apparition de la maladie chez elles pourrait être due à un manque de protéines anti-tau, comme les FKBP52. “Il suffirait d’une prise de sang pour dire si une personne est à risque.” Avant d’en arriver là, de nombreuses années de recherche seront nécessaires et rien ne prouve que les résultats in vitro seront confirmés chez des êtres vivants. Mais cela n’entache pas l’enthousiasme du professeur, qui “rêve que cette hypothèse soit juste”.

Jonathan Parienté
Article paru sur:

http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/01/26/le-professeur-baulieu-annonce-des-avancees-dans-le-traitement-de-la-maladie-d-alzheimer_1297036_3244.html

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